Cette semaine, le rendez-vous du MUDAAC* vous propose de découvrir un vase en grès flammé, du début du XXe siècle intitulé « Le Repos ».
Au début des années 1900, Alphonse Cythère, président de la Société anonyme des produits céramiques de Rambervillers (SAPCR), entreprend de développer une production artistique au sein d’une entreprise jusqu’alors spécialisée dans les canalisations en grès. Il s’entoure de céramistes et d’ingénieurs afin de créer un répertoire d’objets — vases, encriers, cendriers — proche de l’esthétique de l’École de Nancy.
Ces créations, appelées grès flammés, se distinguent par leur émail mat aux reflets métalliques, variant selon la lumière et l’angle de vue. L’aspect expérimental des procédés et le haut niveau de savoir-faire des artisans font de chaque pièce un exemplaire unique. À partir de 1907, ces recherches s’étendent à la céramique architecturale — carreaux, frises, rosaces, balustres ou cheminées — qui devient alors l’essentiel de la production de la SAPCR.
Né à Épinal en 1883, René Jeandelle, formé comme ingénieur céramiste à l’École de Sèvres, collabore avec la SAPCR entre 1903 et 1909. Son travail s’inscrit dans les thématiques de l’Art nouveau, nourri par l’observation de la nature et l’influence du japonisme.
Intitulé Le Repos, ce vase présente sur son col un décor de plantes aquatiques, tandis que sa partie inférieure est ornée d’un corps féminin allongé, recroquevillé, la tête baissée, les longs cheveux dissimulant le visage. Les thèmes du sommeil, de la rêverie et du retrait du monde rattachent cette œuvre au symbolisme, mouvement qui s’éloigne de la réalité immédiate pour explorer les territoires de l’imaginaire et de l’intériorité.
© MUDAAC Épinal, clichés Claude Philippot
René Jeandelle et Société anonyme des produits céramiques de Rambervillers, « Le Repos », avant 1910, grès flammé
*le Musée Départemental d’Art Ancien et Contemporain (MUDAAC) est actuellement fermé au public pour cause de travaux
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