Aujourd’hui, entrons dans l’atelier d’Édouard Vuillard (1868-1940) avec cette huile sur carton réalisée vers 1905
Formé à Paris, à l’école des Beaux-Arts et à l’Académie Julian, Vuillard rejoint dans sa jeunesse le groupe des Nabis, autour de Paul Sérusier. Héritiers notamment des estampes japonaises alors très en vogue, ces artistes défendent une conception nouvelle de la peinture : une vision synthétique, qui simplifie les formes, privilégie les grands aplats de couleurs franches et affirme la surface du tableau plutôt que l’illusion de la profondeur. Nourri aussi par les modernités de Manet et les rêveries symbolistes, ce langage pictural annonce certaines recherches du fauvisme, de l’expressionnisme et de l’abstraction.
Surnommé le « zouave » par ses camarades en raison de sa barbe taillée à la manière militaire, le jeune Vuillard se déclare un artiste moderne. Il développe très tôt un goût particulier pour les scènes d’intérieur intimistes. Chambres, salons et ateliers deviennent sous son pinceau des espaces sensibles, où personnages, décors et lumière semblent presque se confondre.
Ici, « Dans l’atelier », le peintre saisit un instant furtif : la pose d’un modèle. L’œuvre conserve le caractère spontané d’une étude. Certaines parties du carton restent visibles, tandis que la touche, légère et rapide, suggère les formes plus qu’elle ne les décrit.
Le MUDAAC conserve deux huiles sur carton de Vuillard, toutes deux issues de la collection de Paul et Ève Delacroix, léguée au musée en 2000.
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+ d’infos sur les collections : https://mudaac.vosges.fr/
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« Autoportrait » vers 1889-1890 • Coll.particulière • © Bridgeman Images / Lefevre Fine Art Ltd
« Dans l’atelier » © MUDAAC - Épinal, cliché Bernard Prud’homme
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